En ouvrant les volets

Publié le 07 avril 2026 moins d'une minute de lecture 2 lecture
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Ce matin j’ai trouvé, en ouvrant les volets,
Juste sous la fenêtre, un oiseau qui gisait.
Petit corps affalé, sur l’herbe un peu mouillée
Les plumes chiffonnées, couvertes de rosée.

Hier tu volais, farfadet, dans la lumière
En liberté dans l’air, traçant des arabesques,
Te voilà maintenant aussi froid que la pierre
Triste petit cadavre et si peu romanesque.

Image en raccourci et presque symbolique
De ce que sont nos vies, même emplies de grâce.
Elles finissent toutes, de façon si tragique,
Et ne laissent de nous que de biens fines traces.

J’ai ramassé l’oiseau, mon dieu qu’il était frêle !
Si léger dans ma main, que le sentais à peine.
Victime semble-t-il d’une averse de grêle
La nature, cruelle, n’est qu’une froide reine.

J’ai creusé dans la terre un minuscule trou
Où le fis reposer après légère fouille.
Rituel de respect pour rendre peu ou prou
Un modeste hommage à cette pauvre dépouille.
Pierre Jean Boutet - Logo
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